Amy Tupling - La réussite ne repose pas sur un modèle universel, mais bien sur un modèle qui devrait englober les particularités de chacun

October 26, 2016

Amy Tupling, directrice du programme Passeport à Kitchener, était présente au Bal des finissants, notre gala annuel. Pour l’occasion, elle a prononcé un discours émouvant sur le quotidien de l’équipe du programme Passeport à Kitchener, en Ontario. Amy est une membre très talentueuse, attentionnée et engagée de la famille Passeport, et nous sommes ravis qu’elle ait été en mesure de partager avec nous ses connaissances, son expertise et sa passion au Bal des finissants 2016.

 

 

Je m’appelle Amy Tupling et je suis directrice du programme Passeport à Kitchener, où sa mise en œuvre est assurée par Carizon Family and Community Services. Je suis honorée d’être ici aujourd’hui pour vous parler du programme à Kitchener et de la façon dont nous faisons briller la réussite en chacun des jeunes de notre communauté, mais aussi de partout au pays.

Étant membre de l’équipe de Passeport Kitchener depuis 2010, j’ai eu l’immense plaisir d’apprendre à connaître nos élèves, leurs familles et leurs communautés. Voici donc un aperçu du programme à Kitchener :

  • Tout a commencé en 2007, dans deux quartiers distincts de la région de Waterloo, soit Chandler Mowat et Kinsgdale. Le programme a connu une croissance exponentielle au cours des neuf dernières années. Notre emplacement est devenu le deuxième en importance au pays, comptant plus de 600 élèves, 30 membres du personnel et 150 bénévoles actifs.
  • Les communautés que nous servons se trouvent dans le sud du centre-ville de Kitchener. Elles sont diversifiées et présentent un éventail de langues et de cultures. Notre programme comprend principalement des jeunes nouvellement arrivés au pays, plus de 60 % de nos participants étant nés à l’étranger.
  • Étant donné la nature changeante de nos deux communautés et le caractère complexe de nos jeunes, nous avons apporté un certain nombre de changements au modèle du programme de façon à mieux répondre aux besoins de nos élèves. Par exemple, nous avons ajouté un groupe de soutien en anglais réservé aux élèves réfugiés nouvellement arrivés au pays qui maîtrisent peu l’anglais ou ne le parlent pas du tout, ainsi qu’un programme spécialisé pour les élèves de 12e année qui passent directement au marché du travail.

Ces volets différents rendent l’équipe de Kitchener unique, mais ils ne nous distinguent aucunement de nos collègues ailleurs au pays. En effet, tous ceux qui travaillent au sein du programme s’adaptent de la même façon. Nous nous efforçons de comprendre les jeunes, leurs familles et leurs communautés afin de pouvoir les outiller. Ainsi, peu importe le contexte ou leur histoire, ils auront tout ce qu’il faut pour réussir.

Et c’est pour célébrer cette réussite que nous sommes rassemblés ici ce soir.

Quand on m’a demandé ce que j’aimerais que les gens retiennent ce soir, au sujet de la réussite et de notre rôle pour la faire briller chez les jeunes, j’ai pensé à trois choses :

  • d’abord, la réussite est personnelle;
  • ensuite, il ne faut pas s’arrêter uniquement aux grosses réussites, mais aussi à toutes les plus petites en cours de route;
  • finalement, que nous avons tous un rôle à jouer pour aider les jeunes à prendre conscience de leur potentiel de réussite, mais aussi de leur capacité à réussir.

Surtout, lorsque nous parlons de la réussite de nos jeunes et que nous la mesurons, nous devons nous assurer de le faire sur une base individuelle. Le programme Passeport compte actuellement près de 5 300 élèves participants et plus de 4 000 diplômés à l’échelle nationale et, pour chacun d’eux, la réussite s’est présentée différemment. D’ailleurs, le diplômé Passeport dont on vous a parlé plus tôt, Mohammed, candidat au MBA à Colombia, en est un bon exemple. Tout comme Reema, une jeune participante à notre programme qui nous est arrivée d’un camp de réfugiés en Asie centrale.

Reema a eu du mal à s’adapter et n’a reçu que peu de soutien scolaire à la maison, car ses parents ne pas savent lire et écrire, ni dans leur langue maternelle, ni en anglais. Il lui a fallu sept ans pour terminer ses études secondaires, mais elle a réussi! Elle a obtenu son diplôme chez nous en 2015 et a poursuivi ses études au centre local d’éducation des adultes pour décrocher son certificat comme préposée aux services de soutien à la personne. Bien qu’ils soient entièrement différents, ces exemples de réussite méritent d’être soulignés! En effet, ils démontrent que le succès se présente différemment pour chacun de nos jeunes, car il n’existe pas deux parcours identiques pour y parvenir.

Non seulement la réussite est personnelle, mais elle a lieu chaque jour. Il faut la célébrer au quotidien, et pas seulement quand un élève obtient son diplôme d’études secondaires et qu’il passe aux études postsecondaires ou au marché du travail. Plutôt, il faut reconnaître et célébrer l’ensemble des petites réussites qui jalonnent le parcours d’un élève : le fait que George s’est présenté à l’école une journée cette semaine malgré son anxiété et ses problèmes de santé mentale, qu’Arianna a décroché un emploi à temps partiel avec l’aide du mentor spécialisé, ce qui l’aidera à remplir les obligations financières mensuelles de sa famille, que Khalid a réussi son premier examen de mathématique depuis le début du semestre ou que Surita, une nouvelle mère adolescente qui revient d’un congé scolaire d’un an, est prête à suivre des cours en ligne pour obtenir son diplôme. Voilà de véritables réussites vécues par des jeunes qui participent au programme et que nous célébrons tous les jours. Le fait de souligner ces réussites a une incidence incroyablement positive sur les jeunes. Plus encore, c’est ce qui alimente la prochaine. C’est ce qui les aide à voir que la réussite d’aujourd’hui mènera à une autre demain, puis à une autre le jour d’après. Lorsque nous reconnaissons ces réussites, les jeunes se rendent compte qu’ils sont capables de grandes choses, comme si le monde s’ouvrait enfin à eux.

Enfin, j’espère qu’après cette soirée, nous comprendrons tous le rôle important que nous jouons pour faire briller la réussite en nos jeunes. Bien que je sois incroyablement fière du travail que nous accomplissons à Kitchener, je sais que nous ne sommes qu’une pièce d’un casse-tête beaucoup plus grand. La famille des élèves, nos organismes hôtes, nos partenaires au sein des commissions scolaires, nos partenaires communautaires et nos associations de quartier constituent eux aussi des pièces du même casse-tête. Ils investissent chaque jour de leur temps et un nombre incalculable de ressources au profit des jeunes. Tout comme nous, ils travaillent sans relâche pour offrir aux jeunes des occasions qui feront d’eux des personnes résilientes, responsables et capables de contribuer à la société. Si on jette un regard à l’échelle nationale, le réseau Passeport Canada possède un riche ensemble de savoir-faire et de connaissances sur la façon de mobiliser les jeunes et de les aider tout au long de leur cheminement vers la réussite. Puis, finalement, il y a vous tous. En étant présents ici ce soir, vous démontrez que vous croyez au pouvoir de l’éducation. Plus important encore, vous démontrez aux jeunes que vous croyez en eux et en leur cheminement vers leur propre réussite, et nous vous en sommes immensément reconnaissants.

En terminant, j’aimerais vous partager une pensée. La réussite ne repose pas sur un modèle universel, mais bien sur un modèle qui devrait englober les particularités de chacun. Je vous invite à considérer la réussite et le parcours d’un jeune pour y parvenir de manière plus large. Je vous prie également de remarquer et de célébrer les réussites de nos jeunes, qu’elles soient grandes ou plus modestes. C’est lorsque vous faites ce genre de choses que les jeunes qui se tournent vers vous pour obtenir de l’aide, des conseils et du réconfort croient vraiment qu’ils peuvent réaliser leurs rêves; peu importe en QUOI ils consistent et OÙ ils les mèneront.

Merci!