[Le Journal de Montréal] « Ça m’a forcé à m’ouvrir et à m’intégrer »

January 7, 2018

 

"Débarqué tout droit de la Moldavie en 2008 alors qu’il ne parlait ni français ni anglais, un jeune Montréalais étudie aujourd’hui à l’Université McGill grâce à Passeport pour ma réussite, un programme qui pourrait bien s’étendre ailleurs au Québec prochainement.

Ion Banaru ne passe pas par quatre chemins lorsque vient le temps d’identifier les facteurs qui ont contribué à le mener à des études en génie électrique à McGill. Sans le programme Passeport implanté dans six communautés québécoises, il n’aurait peut-être jamais obtenu de diplôme.

« Pour un enfant de 12 ans, de voir ce but-là qui est si loin et de voir toutes les étapes, comme apprendre la langue, réussir les autres matières, passer par tout le système scolaire, le cégep et enfin atteindre l’université, c’était comme aller sur la lune pour moi. Mais le programme m’a permis de prendre tout ça par petites étapes », raconte le jeune homme qui a finalement très bien réussi partout où il est passé.

Plus que du tutorat

Au sein de Passeport, Ion a trouvé un accompagnement scolaire complet qui lui a permis d’avancer au même rythme que ses camarades de classe québécois. Toutefois, au-delà du défi scolaire, l’arrivée du jeune homme dans sa communauté d’accueil impliquait aussi un important défi social.

« Ça a fait une différence sur ma vie entière. C’est dans le programme que j’ai découvert des activités qui m’ont permis de rencontrer d’autres jeunes. Ça m’a forcé à m’ouvrir, à m’intégrer », raconte le jeune homme.

Le fait de côtoyer d’autres jeunes qui « ne l’avaient pas facile » a aussi contribué à l’épanouissement d’Ion. Jeunes immigrants, enfants de familles dysfonctionnelles ou défavorisées ; d’où venaient ces jeunes n’avait pas d’importance, c’est où ils allaient qui comptait.

« Peu importe notre background, nous étions tous dans la même situation. Tout ce qu’on voulait, c’était d’aller plus loin dans notre cheminement scolaire et dans la vie. On se comprenait et on s’appuyait là-dedans », se souvient celui qui revient donner du temps à son tour lorsqu’il en a l’occasion."