Une diplômée de Passeport pour ma réussite Spryfield raconte qu’un soutien indéfectible lui a permis de continuer à lutter pour la justice des communautés autochtones.
Lorsque Keilidh s’est jointe à Passeport en 3e secondaire, elle cherchait simplement un endroit où étudier. Au début, l’emplacementde Spryfield offrait le calme dont elle avait besoin pour concilier les exigences scolaires et parascolaires, mais elle y a vite découvert une communauté qui l’a aidée à devenir la leader qu’elle avait toujours voulu être.
« Ma famille a toujours été engagée dans différentes luttes. J’ai grandi entourée de ce type de travail, avec un sens des responsabilités et de la redevabilité envers le monde, dit Keilidh. J’ai, au plus profond de moi, une volonté de justice et de faire ce qui est juste. »
Lorsqu’elle était enfant, Keilidh assistait à des manifestations et des marches avec son père et écoutait les histoires de ses grands-parents à propos de leur engagement au syndicat des travailleuses et travailleurs des postes. Cette base a influencé la manière dont elle s’engageait auprès de sa communauté de Spryfield en tant que jeune élève d’origine micmaque-gaélique.
En 4e secondaire, Keilidh a commencé à faire des recherches sur la Journée de la robe rouge, également connue sous le nom de Journée nationale de sensibilisation aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées. Réalisant que personne à son école n’avait organisé d’événement cette année-là, elle a décidé de le faire elle-même. Elle a parlé aux membres de sa famille et de sa communauté de la façon dont ils pourraient changer contribuer à changer les choses pour assurer la sécurité et la dignité des femmes et des filles autochtones.
Keilidh a créé des affiches en s’appuyant sur ses recherches et ses conversations et les a accrochées à l’école. Lorsque le personnel de Passeport a entendu parler de son travail, il lui a demandé de présenter quelques affiches. Le lendemain, Keilidh est entrée à l’emplacement du programmeet a découvert que ses affiches y avaient été installées un peu partout.

Affiches créées par Keilidh en reconnaissance de la Journée de la robe rouge, affichées à son école et à Passeport Spryfield.
« Je me sentais tellement soutenue, dit-elle. L’équipe était à mes côtés et m’encourageaient. Ça m’a donné confiance de savoir que j’avais des gens prêts à me soutenir. »
Keilidh a pris d’autres initiatives tout au long du secondaire. En 5e secondaire, elle a organisé un événement à son école en soutien au peuple Wet’suwet’en de la Colombie-Britannique, qui s’opposait à la construction d’un gazoduc sur ses terres traditionnelles. Elle a réuni des élèves et des enseignantes et enseignants pour en apprendre davantage sur la question. Des membres de l’équipe Passeport ont également participé.
« Le personnel a toujours été très favorable à mes projets, affirme Keilidh. Il m’a donné cet espace pour apprendre, faire des erreurs et parler en mon nom. C’est très important que chacun puisse parler en son nom et de sa propre voix. »
Lorsque Keilidh a présenté une demande d’études postsecondaires, sa personne-ressource de Passeport lui a écrit une lettre de recommandation pour la Bourse d’études TD pour le leadership communautaire. La bourse accorde jusqu’à 70 000 $ en frais de scolarité et de subsistance aux élèves démontrant un engagement exceptionnel à soutenir leur communauté. Keilidh était l’une des 12 élèves au Canada à recevoir la bourse cette année-là. « Cette bourse m’a grandement aidée parce qu’elle a soutenu mes études de premier cycle », explique-t-elle.
En 2020, Keilidh s’est inscrite au programme de chimie de l’Université Dalhousie dans le but de poursuivre ses études en médecine. Malgré la lourde charge de travail, elle a poursuivi son soutien communautaire. Elle a fondé le premier groupe de femmes autochtones de l’université appelé Mu Punkmutnaluk Nkwe’ji’jna’q (No More Stolen Sisters) Indigenous Women’s Group.
« Sur l’Île de la Tortue, les femmes autochtones présentent les taux les plus élevés de disparitions, de meurtres et de violences, explique Keilidh. Je voulais créer un groupe où nous pourrions exiger justice, honorer nos proches enlevées, nous soutenir les unes les autres et avoir un espace sûr pour la discussion et les activités culturelles. »
Pendant ses études de premier cycle, Keilidh est retournée à Passeport Spryfield, cette fois comme bénévole. Elle a aidé les élèves à se préparer pour leurs examens et à choisir leurs cours postsecondaires. « Je voulais redonner à la communauté qui m’a inspirée dans mon travail académique et politique », dit-elle.
Keilidh souhaitait également lancer de nouvelles activités du programme autochtone pour les élèves. Elle a invité un artiste métis de la région à animer une séance de perlage. Comme elle l’explique, « le perlage n’est pas seulement une forme d’art, c’est aussi une forme de narration », et la séance a donné aux élèves autochtones et non-autochtones un espace pour créer et tisser des liens. En 2023, elle a organisé des sorties éducatives pour permettre aux jeunes de Passeport d’assister aux Jeux autochtones d’Amérique du Nord à Halifax. Ce fut l’occasion de soutenir les athlètes autochtones et d’en apprendre davantage sur le rôle du sport au sein des communautés micmaques.
Maintenant, en deuxième année de médecine à l’Université Dalhousie, Keilidh espère continuer à travailler avec les jeunes autochtones et les communautés autochtones, ainsi qu’à lutter pour la justice, en s’appuyant sur l’engagement ferme qu’elle a toujours manifesté.
En réfléchissant à son passage à Passeport, elle considère qu’il s’agit d’un endroit où les idées des jeunes sont prises au sérieux. « Le personnel faisait confiance à ce que nous faisions, à ce en quoi nous croyions et à ce que nous voyions pour l’avenir de notre communauté et de notre monde, affirme Keilidh. Cet encouragement et ce soutien étaient essentiels pour moi. »

Keilidh se joint à un rassemblement en soutien à la Dalhousie Faculty Association, plaidant pour la sécurité d’emploi et des protections plus fortes pour les travailleuses et travailleurs universitaires sous contrat précaire.