Ce qui suit a été écrit par Brandon, un diplômé Passeport pour ma réussite de Winnipeg, au Manitoba. Nous sommes fiers de nous joindre à Brandon, qui travaille maintenant à Passeport Winnipeg, pour célébrer la Journée nationale des peuples autochtones.

La Journée nationale des peuples autochtones me rend fier d’être membre des Premières Nations, et j’adore célébrer le solstice d’été en rendant hommage aux peuples autochtones pour leurs contributions à la société canadienne.

J’ai grandi à l’extérieur de la réserve, à Winnipeg. J’étais déconnecté de ma culture, de ma langue et de ma communauté d’origine, la nation Crie de Fisher River. Enfant, j’avais honte d’appartenir aux Premières Nations, notamment en raison des autres enfants du primaire et du secondaire qui ne se gênaient pas pour évoquer les stéréotypes et raconter des blagues racistes.

C’est en 4secondaire, lorsque j’ai découvert la Community Education Development Association (CEDA) et Passeport pour ma réussite, que j’ai enfin éprouvé de la fierté pour mon identité. Grâce à ces organismes, j’ai planifié des sorties sur le terrain qui m’ont permis de me reconnecter avec mes racines : j’ai fait l’expérience des huttes de sudation, j’ai commencé à danser à des pow-wow, j’ai participé plus fréquemment à des purifications, j’ai créé des liens avec des aînés et j’ai pris part à la fabrication de tambours, fait du perlage et participé à d’autres activités culturelles. Plus je me familiarisais avec ma culture et renouais avec celle-ci, plus la honte que j’avais ressentie en grandissant se dissipait.

Voilà pourquoi les événements comme la Journée nationale des peuples autochtones me tiennent à cœur. Ce genre de célébrations fait mieux faire connaître les peuples autochtones et favorise un environnement où les jeunes élèves autochtones peuvent apprendre à mieux se connaître, à avoir confiance en eux et à être fiers de leur identité.

Il est important que notre culture profite de ce genre de visibilité. Ces événements fournissent des canaux pour distinguer, reconnaître et valoriser les trois groupes autochtones du Canada – les Premières Nations, les Inuits et les métis – et offrir aux non-Autochtones la possibilité d’apprendre et de remettre en cause les stéréotypes en prenant part à la diversité de l’ethnicité et des coutumes des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Cependant, il est tout aussi important de reconnaître au quotidien l’héritage et les pratiques spirituelles des Premières Nations, des Inuits et des Métis. On nous a interdit de pratiquer nos cérémonies, de parler nos langues et de perpétuer nos traditions pendant des décennies. Il est donc essentiel que nous nous réappropriions notre identité autochtone jour après jour.

C’est ici que les jeunes entrent en scène. Les jeunes ont la responsabilité de donner un second souffle aux cérémonies et de faire vivre leurs langues afin de les protéger d’une disparition accélérée, et de transmettre leurs connaissances à leurs communautés et aux générations futures.

En retour, nous devons soutenir les jeunes Autochtones pour qu’ils réussissent. Nous devons reconnaître l’écart de diplomation au secondaire entre les Autochtones et les non-Autochtones au Canada et travailler à l’égalité culturelle. Pour ce faire, il faut accroître la représentation des Autochtones dans les systèmes d’éducation canadiens afin de lever les barrières et d’améliorer le taux de diplomation au sein de leurs communautés.

J’espère qu’à l’avenir nous pourrons étendre la portée de la fête nationale et sensibiliser davantage la population aux questions comme l’écart de diplomation au secondaire, offrir plus d’occasions aux Canadiens et Canadiennes d’apprendre de notre perspective historique, participer à des activités culturelles, et décoloniser les institutions européennes.

J’espère que vous profiterez tous de la Journée nationale des peuples autochtones pour apprendre quelque chose de nouveau. Merci.

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