Entre la cyberintimidation, les pressions familiales et les défis de santé mentale, Faith avait toutes les raisons d’abandonner. Avec Passeport à ses côtés, elle a choisi de tenir.

La plupart d’entre nous connaissent l’anticipation d’attendre un message ou de sentir notre téléphone vibrer avec une notification. Mais pour Faith, diplômée de Passeport Lachine, cette expérience a pris un tout autre sens. « Mon secondaire 4 à mon secondaire 5, ça a été dur mentalement. Je me faisais insulter ou intimider sur les réseaux sociaux. »

La cyberintimidation n’est qu’un de nombreux facteurs en lien avec l’école. En plus de cela, Faith devait également composer avec son rôle d’aînée d’une famille de quatre enfants; elle était également première de sa famille à fréquenter l’école au Canada. La pression s’accumulait, et suivre le rythme à l’école devenait de plus en plus difficile. « C’était dur que tout repose sur moi. Je n’avais pas de temps à moi, et mon échappatoire, c’était de sauter mes cours pour avoir des petits moments dans la journée. Je pensais que ce que je voulais réellement, c’était rester seule. »

Mais Faith n’a pas abandonné. Même lorsqu’elle se sentait déconnectée de l’école, elle restait en contact avec le personnel de Passeport Lachine. Béatrice et Emma, qui y travaillaient, ont aidée Faith à choisir du lien et du soutien plutôt que la solitude. « J’ai pleuré dans les bras d’Emma. Je lui envoyais des messages où je lui disais clairement que j’étais à bout. Mais elle me disait dit que j’y étais presque, qu’il fallait juste tenir encore un peu. »

Si Faith est restée en contact avec Passeport à travers ces moments difficiles, c’est aussi parce que son équipe est profondément ancrée dans Lachine. Béatrice, qui travaille au sein du programme, connaissait déjà la mère de Faith. Et Faith elle-même s’était déjà engagée comme bénévole dans son quartier grâce à Passeport, travaillant auprès de jeunes dans sa communauté. Elle se souvient encore de l’accueil chaleureux des enfants et des parents qui la reconnaissaient dans la rue à travers ce bénévolat.

Cette présence au sein de la communauté a aidé Faith à trouver de l’aide dans les moments où elle se sentait le plus isolée. « Passeport offre des activités toute l’année. Il y a des rencontres, des moments pour discuter, on te montre comment rédiger un CV. C’est un soutien important pour beaucoup de familles. »

Comme beaucoup d’élèves du secondaire au Québec, l’un de ses plus grands défis a été la préparation aux examens ministériels, particulièrement en mathématique et en histoire. Les parents de Faith ne connaissaient pas bien ce système, mais Emma, membre du personnel de Passeport, était prête à l’aider. « Pendant les examens ministériels, Emma m’a dit : il faut que tu viennes à Passeport au moins trois jours par semaine. Chaque jour, tu choisis une matière différente à réviser. Et c’est comme ça que j’ai réussi à passer mes cours. »

Les élèves de Passeport ont tous des objectifs différents. Pour Faith, réussir ses examens ministériels et obtenir son diplôme d’études secondaires était un objectif central. Aujourd’hui, elle se concentre sur deux grands projets : devenir sage-femme, et prendre soin de sa santé mentale afin d’entamer sa carrière sur des bases solides. Une approche réfléchie et réaliste, à l’image du soutien global qu’elle a reçu à Passeport. « Peu importe le problème que j’avais, Passeport avait une solution. Ils avaient les ressources, ils trouvaient une façon de m’aider ou de débloquer ce que je pensais impossible à régler. »