Pour de nombreuses jeunes femmes et filles, trouver des modèles et une communauté de femmes peut façonner leur perception d’elles-mêmes et ce qu’elles croient possible. Dans cette séance de questions et réponses, Alba, diplômée de Passeport pour ma réussite Regent Park, parle des femmes qui l’ont inspirée et encouragée tout au long de son parcours.

Alba, une étudiante de troisième année en biologie moléculaire à l’Université de Toronto, est nichée dans un coin de la bibliothèque avec son ordinateur portable et ses écouteurs, prenant le temps de se reposer entre ses cours. La plupart des après-midis, elle est plongée dans des conversations sur la signalisation cellulaire ou l’expression génique, mais aujourd’hui, elle tient à parler des femmes qui l’ont aidée à en arriver là.

Il y a cinq ans, Alba était à l’école secondaire et travaillait comme caissière à temps partiel dans une épicerie, scannant un article après l’autre sans trop savoir ce qu’elle allait faire dans la vie. Elle n’avait aucune idée que les femmes dans sa vie étaient sur le point de l’aider à changer de cap et à découvrir un domaine qui la passionne maintenant.

Nous avons demandé à Alba de nous parler de ces mentores et de ces pairs, en commençant par celle qui a éveillé son intérêt.

 

La première influence

 

Parle-nous de ta mère. Comment la décrirais-tu?

Ma mère, c’est la personne la plus extravertie que je connaisse. Elle est née au Honduras et sa famille était très pauvre, puis elle a épousé mon père, est venue au Canada et a eu trois enfants en un an! Ma jumelle et notre cadette. Elle a eu une vie très dure, et lorsqu’elle me raconte certaines de ces histoires, j’ai du mal à comprendre comment elle fait pour persévérer et garder son sourire toujours aussi sincère.

Elle travaille principalement dans une épicerie, mais en réalité ma mère est une touche-à-tout. Elle s’occupe des personnes âgées – elle nettoie, fait l’épicerie et prépare les repas. On vit dans une coopérative avec beaucoup de personnes âgées, et tout le monde la connaît. Des gens que je n’ai jamais rencontrés viennent me voir et savent que je suis sa fille.

Quand j’étais petite, je disais à ma mère : « Je veux faire ce que tu fais quand je serai plus grande. » Et elle disait : « Non. Je veux que tu sois meilleure que moi. » Elle a toujours eu de grands rêves pour moi et mes sœurs. Elle ne demandait pas que nous soyons médecins ou avocates – tant que nous nous dépassions, elle était heureuse. Elle croyait que les défis mènent à la croissance 

Alba, à gauche, avec sa mère.

 

Pourquoi voulait-elle que tu rejoignes Passeport? 

Ma mère a entendu parler du programme par une amie dont la fille s’était inscrite et avait eu une bonne expérience, alors elle nous a poussées, mes sœurs et moi, à nous y inscrire. Je pense qu’elle pouvait voir que j’étais socialement anxieuse et que je n’aimais pas sortir de ma zone de confort. Je ne faisais qu’aller à l’école et rentrer à la maison. Elle espérait que Passeport m’aiderait à sortir de ma coquille et à m’épanouir de nouvelles façons. 

Quelle est la chose la plus importante que ta mère t’a enseignée? 

Une totale confiance en soi!

Ma transition vers l’université a été difficile. J’étais dans un environnement complètement nouveau. Je suivais des cours plus difficiles et la charge de travail était lourde. Je réussissais très bien dans certains cours, et pas si bien dans d’autres. Quand j’ai commencé à avoir des doutes, ma mère m’a rappelé à quel point il était important de croire en moi et d’aller de l’avant.

« Tu l’as déjà fait, tu peux le faire encore », me disait-elle. Elle avait raison.

 

Briser la glace

 

Quand est-ce que tu as rencontré Kim, ta travailleuse de soutien de Passeport? 

Je me suis joint à Passeport en 5e secondaire, au milieu de la pandémie, donc mes premières séances avec Kim étaient en ligne. Honnêtement, je ne m’attendais pas à grand-chose du programme, peut-être à quelques séances de tutorat. Mais une fois que j’ai rencontré Kim, je ne voulais plus partir. Elle était tellement sociable et gentille avec moi, et mon anxiété a commencé à s’estomper. Peu importe à quel point je pensais que mes questions étaient stupides, elle répondait comme si elles étaient sa priorité absolue.

Elle m’a présenté les différents programmes, événements et ateliers, et j’ai réalisé que Passeport était beaucoup plus grand que je ne le pensais.

Comment est-ce qu’elle t’a aidée à explorer ta passion pour la science?

Je m’étais toujours intéressée au domaine des sciences, technologie, ingénierie et mathématiques, mais je ne pensais pas pouvoir y arriver, car c’est vraiment compétitif. Je n’avais ni réseau ni argent pour poursuivre ce genre de carrière. Avec Passeport, j’ai pu participer à un programme à l’Hôpital général de Toronto, où l’on pouvait observer des médecins pendant trois jours. C’était l’occasion de discuter avec des professionnelles et professionnels du domaine! Kim m’a également mis en contact avec un autre programme, un stage au Réseau universitaire de santé de Toronto. J’ai l’impression que ces expériences ont vraiment aidé ma confiance et m’ont permis de me sentir plus à l’aise de prendre la parole. 

 

Ce qui a tout changé

 

Parle-nous d’Ornella et de ton expérience de travail avec elle.  

Ornella, c’était la gestionnaire du programme de trois jours à l’Hôpital général de Toronto. Elle m’a préparé à observer les chirurgies, à discuter avec les médecins et à comprendre ce que je pouvais retirer de l’expérience. Au début, je me suis dit que je devais être hyper professionnelle avec elle et faire le robot. Mais elle était si drôle. Elle me mettait vraiment à l’aise.

À la fin, je lui ai dit combien j’avais aimé le programme, mais ce n’était que trois jours! Je lui ai demandé ce que je pouvais faire par la suite. Et elle était prête à m’aider à m’orienter.

Elle m’a recommandée pour un programme au Réseau universitaire de santé. C’était un projet d’été, et j’ai obtenu le poste. À partir de là, j’ai pu obtenir un poste de recherche au Krembil Brain Institute pendant tout l’été. Cinq jours par semaine – et c’était rémunéré! J’ai pu acquérir beaucoup d’expérience et gagner de l’argent pour l’école. Tout est parti de cette première occasion de trois jours.

 

Prête et en tenue! Au cours de son programme de trois jours à l’Hôpital général de Toronto, Alba a observé sa première chirurgie et a rencontré des médecins et des chercheuses et chercheurs inspirants.

 

 

Sur la même longueur d’onde

 

Parle-nous du voyage de camping Passeport au parc provincial d’Algonquin et
des filles que tu y as rencontrées.
 

Lors du voyage, il y avait sept filles, dont moi. On faisait du canot et du portage, avec des sacs à dos de 100 livres.

La deuxième nuit, il y a eu un énorme orage. La responsable du camp a dit que c’était le plus gros qu’elle ait jamais connu. Je me souviens d’avoir sangloté dans ma tente. Je voulais rentrer chez moi. Mais je pense que la tempête a en quelque sorte neutralisé mon anxiété d’être avec de nouvelles personnes. Après cela, je me disais : bon, maintenant on est toutes dans le même bateau. Nous étions toutes sales et en sueur et nous avions des piqûres de moustiques, et cela faisait du bien de simplement laisser les attentes derrière nous.

 

Après une journée de canot dans le parc provincial Algonquin, les filles se sont arrêtées pour admirer le coucher de soleil. 

 

Qu’as-tu appris de cette expérience?  

Ce voyage a été très important pour moi. Chaque soir, nous allions nous promener
et explorer le nouvel endroit où nous nous étions installées. Ce n’était pas un voyage relaxant – c’était vraiment difficile, physiquement et émotionnellement. Mais cela m’a fait comprendre que je veux être mise au défi.

Je suis très reconnaissante que le voyage ait été mené par des femmes, parce qu’il m’a fait réaliser l’importance des amitiés féminines. Nous avons tellement d’expériences
et de frustrations communes, et je garde cela à l’esprit lorsque je rencontre quelqu’un
de nouveau. Cela rend les interactions plus humaines.  

 

Boucler la boucle 

 

Aujourd’hui, Alba est ambassadrice diplômée de Passeport pour ma réussite. Elle nous fait part de son expérience pour aider les autres à comprendre le programme et ce qu’il peut offrir. Elle est également en voie de devenir mentore auprès des jeunes étudiantes et étudiants de l’Université de Toronto. Dans un programme compétitif comme le sien, elle sait à quel point il est important d’être bien entourée d’amies et amis, de leaders – des gens qui encouragent la confiance en soi et qui vous montrent que vos rêves sont à portée de main.