Emma est diplômée Passeport de Winnipeg. Elle estime que la diversité des voix dans la littérature est importante. Son souhait? Créer un organisme sans but lucratif pour soutenir les jeunes écrivains.

Emma sourit alors qu’elle dédicace son livre The Fairy King. Elle est au Salon du livre de Miami. À sa gauche, un présentoir qui met en valeur son livre. À sa droite, une pile d’exemplaires.

En 2019, Emma a publié son premier livre. Quel bonheur d’enfin voir et toucher sa création!

Pourtant, lors de la publication, Emma était à la fois nerveuse et enthousiaste. « J’avais l’impression de me mettre à nue ».

Emma a commencé l’écriture de The Fairy King à l’école secondaire sur des feuilles mobiles.

« J’ai toujours aimé écrire à cause des cours d’anglais. J’aime vraiment les histoires parce qu’elles permettent d’une certaine façon à faire face au quotidien, à transformer la folie, la beauté et l’absurdité de l’esprit et de l’âme en quelque chose de concret. »

Enfant, l’écriture lui servait d’exutoire. Elle rêvait de devenir écrivaine.

En septième année, elle a emménagé dans un nouveau quartier avec sa famille, ce qui l’a obligée à changer d’école. Comme elle est introvertie, se faire de nouveaux amis n’était pas évident. En plus, on l’intimidait sans relâche.

Deux ans plus tard, elle s’est inscrite au programme Passeport, qui est devenu un refuge pour elle. Les bénévoles, les élèves et le personnel de Passeport ont éveillé en elle un sentiment de communauté et lui ont permis de se consacrer à sa passion pour l’écriture. Elle est particulièrement reconnaissante à sa mentore Claire.

« Il faut savoir s’entourer de gens qui seront là pour nous dans les moments de frustration ou de tristesse, qui vous donneront la force d’aller de l’avant. Le réseau de soutien offert par le programme Passeport m’a aidée à rester motivée. »

Durant le processus d’écriture, Claire a commenté les premiers jets d’Emma et l’a mis en lien avec une association d’auteurs afin qu’elle profite d’occasions de réseautage et d’un soutien supplémentaire.

Une fois l’écriture terminée, il lui fallait un éditeur. Premier obstacle : tous les éditeurs exigeaient que les manuscrits soumis soient d’auteurs qui avaient déjà publié des ouvrages.

Comme il s’agissait de son premier livre, Emma a trouvé cet obstacle difficile, mais était plus préoccupée par l’impact d’une telle exigence sur l’industrie de l’édition et sur sa capacité à limiter la diversité des voix.

« La diversité en écriture est importante. Il faut donner la parole aux jeunes, aux personnes de différents genres, orientations sexuelles ou origines. C’est ainsi que l’on ouvre ses horizons. Sinon, notre vision du monde est biaisée. »

Malgré sa déception, Emma était déterminée à poursuivre son rêve. Elle a envisagé l’édition à compte d’auteur, mais a rapidement fait face à un second obstacle : une publication de qualité n’est vraiment pas donnée.

Emma s’est de nouveau tournée vers Claire, qui lui a offert conseils et soutien. Elle a répondu aux questions d’Emma, l’a écoutée et n’a jamais cessé de l’encourager. 

Dynamisée par l’enthousiasme de Claire, Emma n’a jamais perdu de vue son objectif et a économisé son argent. Puis, un jour, elle a été informée d’une promotion, a acheté une trousse d’édition, et The Fairy King est devenu réalité.

« J’imagine que ça ressemble à donner naissance à un enfant. Après tout le temps investi et les efforts consentis, il y a enfin un premier contact. Ce livre est mon enfant. »

Emma veut maintenant faire connaître le même sentiment à d’autres jeunes auteurs. De nos jours, elle est mentore pour Passeport Winnipeg, où elle soutient des jeunes qui caressent le même rêve qu’elle. Les élèves lui posent des questions sur l’édition et lui demandent de lire leurs ébauches.

« Ils sont vraiment talentueux. Leurs personnages sont formidables, et je suis touchée qu’ils me fassent confiance et me demandent mon avis. »

Sachant à quel point le parcours de l’édition est semé d’embûches, Emma croit qu’il est important de soutenir d’autres jeunes auteurs. Elle veut les aider à accéder au cercle littéraire et cherche à démocratiser le monde de l’édition.

Son objectif à long terme est de fonder un organisme sans but lucratif qui appuie les jeunes auteurs émergents et qui multiplie les voix littéraires.

« C’est aussi ce qui m’a incitée à travailler avec Passeport. L’organisme a joué un rôle déterminant dans ma vie personnelle et professionnelle. Si je peux offrir quelque chose de semblable aux jeunes auteurs, ce serait vraiment génial. »